Toutes productions confondues, l’horticulture ornementale représente
seulement 1 % des exploitations agricoles, mais 6 % de la valeur des livraisons
de produits végétaux, 14 % du nombre de salariés permanents de l’agriculture,
1 milliard d’euros d’importation pour 180 millions d’exportation.
1. Les caractères particuliers de l’horticulture ornementale
L’horticulture ornementale présente des caractéristiques qui la différencient
des autres secteurs de production de l’agriculture. Les cultures de plantes
d’ornement que ce soit des fleurs coupées, des plantes en pots, des jeunes plants
ou des plantes de pépinières sont des cultures intensives, pratiquées sous serres,
sous abri ou de plein champ.
Alors que la surface moyenne des exploitations agricoles professionnelles
est de 70 ha, la superficie moyenne est de moins d’un demi-hectare pour les
exploitations spécialisées dans les fleurs coupées (4 800 m2) et de 6 600 m2 pour
les plantes en pots. Près de la moitié des pépiniéristes ont une superficie
inférieure à 1 ha.
Plus des deux tiers des entreprises sont individuelles. Les horticulteurs
associent très souvent plusieurs types de production : plantes en pots, plantes à
massif, fleurs coupées, produits de pépinières. Le quart des horticulteurs ont
d’autres productions agricoles. Un peu plus de la moitié des entreprises de
production sont des producteurs détaillants qui vendent sur l’exploitation ou sur
les marchés. Moins de 3 % des entreprises déclarent un chiffre d’affaires
supérieur à 1 520 000 €, elles représentent un peu plus du tiers du chiffre
d’affaires total du secteur alors que 37 % des entreprises ont déclaré un chiffre
d’affaires inférieur à 75 000 € et représentant 6,6 % du chiffre d’affaires total.
Les plus gros chiffre d’affaires sont générés par les entreprises spécialisées en
jeunes plants, plantes en pots et pépinières.
Entre les deux recensements de l’horticulture ornementale et des pépinières
de 1988 et de 2001 le nombre d’exploitations, hors pépinières fruitières et
forestières, a diminué de 28 % mais les superficies ont progressé de 12 %. Le
nombre d’exploitations spécialisées dans les fleurs et les feuillages coupés est en
diminution de 44 %, les surfaces correspondantes ne diminuant que de 6 %. La
diminution du nombre d’exploitations horticoles touche surtout les petits
producteurs détaillants, elle est liée à l’urbanisation et à la pression immobilière
dans certaines régions comme en Provence-Côte d’Azur ou en Île-de-France, à
l’augmentation des coûts de production et à la difficulté pour les repreneurs à
trouver des financements.
Si la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, spécialisée dans la production de
fleurs coupées se classe au premier rang pour le nombre de producteurs
horticoles, ce sont les Pays-de-la-Loire, première région productrice de plantes
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en pots, qui se classent au premier rang pour le chiffre d’affaires produit. La rose
est la fleur coupée la plus produite, le Var en produit 40 %.
Sur les cinq dernières années, l’on constate une stabilité de la production,
en dehors de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire où elle progresse et à
l’exception de l’Île-de-France et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur où
elle régresse. Cette stabilisation de la production s’accompagne d’une
concentration, 15,3 % des entreprises totalisent 66,7 % du chiffre d’affaires
horticole.
2. Des échanges commerciaux extérieurs très déficitaires
Malgré un accroissement des surfaces consacrées à l’horticulture
ornementale, les échanges commerciaux extérieurs sont fortement déficitaires.
En 2004, alors que le solde positif général de la balance commerciale des
produits agroalimentaires s’élevait à quelque 8 milliards d’euros, le solde
commercial négatif des produits de l’horticulture était de 835 millions d’euros.
Le solde négatif des fleurs coupées représentait à lui seul près de la moitié du
déficit total des produits de l’horticulture ornementale.
Les échanges commerciaux se font pour une très large part à l’intérieur de
l’Union européenne à 25 (96 % des importations françaises et 80% des
exportations), les Pays-Bas fournissant 66 % de nos importations en valeur. Pour
l’instant les échanges commerciaux avec les dix nouveaux pays de l’Union
européenne restent très limités, il pourrait en être autrement dans quelques
années, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ayant un
fort potentiel de production en plantes en pots et en pépinières.
3. Les achats de produits horticoles
En 2004, les Français ont acheté pour 2 580 millions d’euros de végétaux
d’ornement dont 746 millions de végétaux d’extérieur. Ils ont dépensé 38,4 € par
personne pour leurs achats de plantes et de fleurs et 30 € par ménage pour les
végétaux d’extérieur. Les roses représentent plus de la moitié des actes d’achat
de fleurs coupées par les consommateurs français. Les végétaux d’extérieur
représentent 29 %, en valeur, du total des achats des ménages en produits de
l’horticulture ornementale, ils n’en représentaient que 21 % en 1989.
Si l’on compare la consommation française, par personne, de plantes et de
fleurs, comme le fait l’office hollandais des fleurs, celle-ci est, en France, bien
inférieure à ce qu’elle est en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, ou plus
encore en Suisse, ce qui montre les possibilités de progression du marché. Mais
les achats de fleurs et de plantes d’ornement ne sont pas une dépense prioritaire,
ils sont donc sensibles aux évolutions de revenu et au prix. Ils entrent par ailleurs
en concurrence avec d’autres achats pour offrir, comme le vin, les chocolats, les
parfums, ou avec d’autres types de dépenses, de voyage, de loisirs par exemple.
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4. Une activité ayant besoin de capitaux et utilisatrice de main-d’oeuvre
Il faut, comme l’indique l’Oniflhor , 0,8 € d’investissement pour générer
0,15 € de valeur, contre 0,5 € en agriculture. L’horticulture exige des
investissements très coûteux, le coût d’une serre de 5 000 m2 variant entre
400 000 et 750 000 €. Or, le parc de serres est ancien et devrait être renouvelé, ce
qui serait un facteur de modernisation et d’utilisation de techniques de pointe
comme la régulation informatisée de l’atmosphère, le recyclage de l’eau, la
robotisation.
L’exploitation horticole ornementale emploie, en moyenne 4,7 UTA
(Unité-travail-année) contre 4 UTA pour le maraîchage et 2,4 pour les
exploitations en grande culture. Au total le secteur de la production horticole
emploie 31 000 équivalents temps plein. Aux emplois de production s’ajoutent
les emplois liés à la commercialisation de gros ou de détail, les emplois offerts
par les entreprises du paysage, ceux relevant des services des jardins et espaces
verts des villes. Au total la filière horticole est créatrice de quelque
150 000 emplois.
L’intérêt nouveau que lui accorde les organisations professionnelles
agricoles démontre toute l’importance de cette filière pour l’agriculture et pour
l’économie de certaines régions.
5. Le végétal élément du cadre de vie
Verdure et fleurs sont appréciées par une population de plus en plus
urbaine qui a besoin de plantes chez soi, de lieux de promenade et
« d’aération » ; offrir des espaces verts et des massifs fleuris est une nécessité au
même titre que d’autres services publics, particulièrement dans les grandes
villes. Le tiers des communes françaises sont inscrites au concours des villes et
des villages fleuris, c’est dire toute l’importance accordée par les élus locaux au
fleurissement qui a contribué à changer, au concours des trente ou quarante
dernières années, l’image de la France.
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Comment faire en sorte pour que la production française et l’ensemble de
la filière de l’horticulture ornementale, qui disposent de nombreux atouts,
puissent mieux encore répondre à la demande et conforter leur part de marché. |